Perspectives regionales

La croissance de l'électricité en 2023 dans l'ASEAN a été entièrement satisfaite par les combustibles fossiles : la transition vers les énergies renouvelables fait face à de multiples défis.

En 2023, la demande d'électricité de l'ASEAN a augmenté de 3,6 %, entièrement satisfaite par le charbon et le gaz, tandis que la part des énergies renouvelables a diminué. La région doit multiplier par 3 à 5 sa capacité renouvelable, mais l'interconnexion des réseaux et le manque d'investissements constituent des défis.

Croissance de l'électricité en ASEAN : la « victoire » des combustibles fossiles et le dilemme des énergies renouvelables

En 2023, la demande d'électricité dans la région ASEAN a augmenté de 3,6 %, soit 45 térawattheures (TWh). Cependant, selon le dernier rapport d'Ember, cette augmentation a été entièrement satisfaite par la production d'électricité à partir du charbon et du gaz naturel. La part des combustibles fossiles dans le mix électrique régional a atteint 74 %, dont 44 % pour le charbon, tandis que la part des énergies renouvelables est passée de 28 % en 2022 à 26 %. Cette tendance révèle non seulement le retard de la transition énergétique régionale, mais pose également un défi majeur aux engagements de l'ASEAN en matière d'émissions de carbone et de développement durable.

Hausse des émissions : l'Indonésie et le Vietnam comme principaux moteurs

La forte augmentation de la consommation de combustibles fossiles a directement entraîné une hausse de 6,6 % des émissions du secteur électrique de l'ASEAN, atteignant 718 millions de tonnes de CO₂. Cette augmentation de plus de 44 millions de tonnes est la plus forte hausse annuelle absolue depuis 2019. L'Indonésie et le Vietnam ont contribué à environ 78 % des émissions supplémentaires. En tant que moteurs de l'industrialisation et de la croissance économique de la région, leur structure énergétique fortement dépendante du charbon est difficile à inverser à court terme.

Croissance insuffisante des énergies renouvelables : l'hydroélectricité touchée par le climat, augmentation insuffisante des autres sources

Bien que la capacité installée hydroélectrique de l'ASEAN ait augmenté de 0,5 GW, la production d'électricité a chuté de 21 TWh (soit une baisse de 9,5 %). Ce contraste met en évidence la forte sensibilité de l'hydroélectricité aux sécheresses et aux conditions météorologiques extrêmes. En 2023, plusieurs pays d'Asie du Sud-Est ont été touchés par la sécheresse, entraînant une réduction significative de la capacité de production hydroélectrique. Parallèlement, la production des énergies renouvelables non hydrauliques (solaire, éolien, etc.) n'a augmenté que de 8,5 TWh, loin de compenser le déficit hydroélectrique et de répondre à la nouvelle demande. La capacité installée solaire est passée de 11 GW en 2019 à 26 GW en 2023, principalement grâce au marché vietnamien, mais sa croissance reste en deçà de l'augmentation de la demande régionale d'électricité.

Comparaison économique : les avantages de coût des énergies renouvelables apparaissent, mais des obstacles à leur déploiement subsistent

Au Vietnam et en Thaïlande, le coût de production de l'énergie solaire est tombé à environ 38-46 dollars par MWh, inférieur à celui du charbon (environ 60 dollars par MWh). Le coût de l'hydroélectricité au Laos est encore plus bas, environ 25 dollars par MWh. Cependant, le coût de la bioénergie en Indonésie, en Malaisie et en Thaïlande se situe toujours dans une fourchette de 59 à 98 dollars par MWh, manquant de compétitivité. Bien que la baisse des coûts confère un avantage économique à certaines technologies renouvelables, la capacité d'absorption du réseau, les contraintes foncières et l'incertitude politique entravent toujours leur déploiement à grande échelle.

Interconnexion des réseaux régionaux : des progrès lents freinent l'intégration des énergies renouvelables### Interconnexion des réseaux électriques régionaux : des progrès lents freinant l'intégration des énergies renouvelables

Le rapport souligne en particulier que l'interconnexion des réseaux électriques régionaux est une mesure clé pour accroître l'utilisation des énergies renouvelables. Les productions solaire et éolienne des pays de l'ASEAN présentent une complémentarité en termes de temps et de saisons, et le transport transfrontalier de l'électricité peut équilibrer efficacement l'offre et la demande. Cependant, seuls 8 des 18 projets d'interconnexion prévus au niveau régional ont été réalisés, avec une capacité de transport transfrontalier de seulement 7,7 GW. Le Projet d'intégration de l'électricité entre le Laos, la Thaïlande, la Malaisie et Singapour (LTMS-PIP) reste le seul accord multilatéral d'échange d'électricité au sein de l'ASEAN. Cette situation reflète les obstacles politiques, réglementaires et financiers auxquels l'ASEAN est confrontée dans la coordination des infrastructures énergétiques.

Voies futures : actions politiques et déficits d'investissement

Sur la base du taux de croissance de la demande d'électricité entre 2018 et 2023, la consommation d'électricité de l'ASEAN pourrait atteindre 1 626 TWh d'ici 2030, soit une augmentation de 30 % par rapport à 2023. Pour atteindre les objectifs de décarbonation, le rapport indique que l'ASEAN doit multiplier par 3 à 5 sa capacité installée d'énergies renouvelables d'ici 2035 par rapport au niveau de 2023. Les recommandations spécifiques incluent : moderniser les réseaux électriques, renforcer l'interconnexion régionale, élargir l'achat direct d'énergies renouvelables et l'énergie solaire sur les toits, remplacer les centrales au charbon captives, améliorer les règles du marché du carbone, guider les investissements privés et accroître la transparence des données électriques.

Perspective régionale : transition énergétique et objectifs de la Communauté économique de l'ASEAN

La Communauté économique de l'ASEAN (AEC) vise une croissance durable, et la décarbonation de l'électricité est au cœur des objectifs climatiques. La domination actuelle des combustibles fossiles non seulement accroît les émissions de carbone, mais expose également la région à des risques de dépendance aux importations énergétiques et de volatilité des prix. L'Indonésie et le Vietnam, grands consommateurs de charbon, doivent accélérer le déploiement des énergies renouvelables tout en équilibrant croissance économique et objectifs de réduction des émissions. La progression de l'interconnexion des réseaux électriques régionaux contribuera à réduire le coût global de l'approvisionnement en électricité, à améliorer la sécurité énergétique et à créer des opportunités pour le commerce transfrontalier d'énergie propre. Cependant, les différences entre les pays en matière de politique énergétique, d'environnement d'investissement et de normes techniques restent des freins majeurs.

Conclusion

Les données de 2023 sonnent l'alarme pour la transition énergétique de l'ASEAN : le modèle consistant à compter uniquement sur les combustibles fossiles pour répondre à la croissance n'est pas durable. Bien que les énergies renouvelables présentent un avantage en termes de coûts, leur croissance est bien inférieure aux prévisions en raison des contraintes climatiques, d'infrastructures et de politiques. Renforcer la coopération régionale, accélérer l'interconnexion des réseaux et orienter les capitaux vers les énergies propres sont les voies incontournables pour que l'ASEAN réalise un développement vert à long terme.

Usage des sources · aseaninsight

aseaninsight replace cette note dans Regards ASEAN publie des analyses et briefings multilingues.. dates, noms et changements de statut restent à vérifier; les Liens sources doivent être ouverts avant de reprendre le résumé. Briefing ASEAN / Derniere couverture des briefings ASEAN. / Commerce transfrontalier explique l'angle éditorial local.

Liens sources

  1. https://asianbusinessreview.com/in-focus/fossil-fuels-met-all-asean-power-demand-growth-in-2023Principal

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